Le constructeur Finlandais Nokia s’apprête à sortir une offre qui risque de faire prendre un nouveau tournant à l’industrie musicale. Ainsi avec “Comes With Music“, Nokia va permettre une synergie complète entre le mobile et la musique grâce à une offre vraisemblablement unique sur le marché. Bien évidemment selon le constructeur le principe est révolutionnaire, mais la rigidité de certains acteurs gâche quelque peu la fête et impose une réflexion objective.

Le principe :

Le service est très simple. Nokia offre aux utilisateurs un accès illimité à un catalogue qui contient les catalogues des 4 majors (pour rappel : Sony BMG, Universal, Warner, EMI) et  qui s’étoffe de semaines en semaines. Mais cette offre est uniquement valable pour les heureux détenteurs d’un mobile Nokia XpressMusic, qui est la nouvelle gamme du constructeur Finalandais. En résumé vous achetez un portable Nokia compatible qui vous permet de télécharger autant de titres que souhaités sur le catalogue “Comes With Music”. Nokia vend ici un accès à la musique contrairement à une plateforme comme iTunes qui elle vend la musique et non l’accès.

Le business model :

Nokia va créer une structure basée sur le “revenue sharing” avec les labels et majors. Ainsi les différents acteurs de l’industrie musicale toucheront une partie du prix du portable en fonction de leur importance. C’est pourquoi le prix de l’appareil sera majoré d’environ 90 € par rapport à son prix dit classique, c’est à dire sans l’offre “Comes With Music”. L’approche de Nokia est donc radicalement différente, et tend à affirmer que les utilisateurs ne sont pas encore prêts à accepter le coût de la musique dématerialisée. La stratégie est simplement de faire oublier le prix de l’accès illimité en l’incluant dans le portable, et de faire oublier aux consommateurs que la musique est un contenu que l’on doit payer en plus.

Pour ce faire, Nokia va devoir entamer des négociations fastidieuses avec les opérateurs qui sont a priori les clients stratégiques. Reste à savoir comment les opérateurs Français vont réagir, sachant que le service va voir le jour outre manche dans les jours qui viennent.

Les limites :

Encore et toujours les DRM (définition Wikipédia). Je n’arrive pas a comprendre comment Nokia compte imposer ce système quand la tendance est clairement à l’interopérabilité. En effet, les titres téléchargés via la plateforme mobile ou fixe ne seront pas exportables via des lecteurs mp3 du type iPod. Seuls les portables Nokia et uniquement UN PC seront en mesure de lire les titres. Ainsi la durée de vie des morceaux téléchargés dépend entièrement de la durée de vie du support, c’est à dire le téléphone (généralement 1 ou 2 ans) et du PC (encore moins en cas de formatage forcé). Alors que les offres et le marché tendent vers la fléxibilité, la compatibilité mais aussi la qualité (avec le format mp3 320kbps), Nokia prétend révolutionner la consommation de musique dématerialisée avec un service bancal. Un très bon exemple d’asymétrie entre le fond et la forme de l’offre.

Nokia rentre en fanfare dans l’industrie musicale avec une offre très démarquée, mais ne se donne pas les moyens de réussir dans un secteur marqué par les échecs de services trop peu flexibles. Il reste encore du temps au constructeur pour rectifier le tir, mais encore faut-il que les dirigeants de “Comes With Music” se rendent compte que l’heure n’est plus aux DRM et aux restrictions.