Actualités Musicales et High-Tech Diverses
Cela fait longtemps que je parle de la licence globale dans mes articles, et que je la place en tant qu’unique solution viable à long terme pour l’industrie musicale. Mais il est nécessaire de faire la part des choses, de prendre du recul, d’essayer de dégager des tendances et d’en tirer des conclusions objectives. C’est ce que je vais essayer de faire dans une série d’article qui va tente de répondre aux principales questions liées à cette problématique. Tout d’abord il est indispensable de faire un état des lieux de la consommation de la musique, et des revenus qui en découlent. Ensuite j’exposerais les différentes théories et points de vues concernant la mise en place ou non d’un système de licence globale.
Je commence ainsi par la consommation de la musique depuis l’avènement du CD premièrement, et je vais essayer de mettre en relation le phénomène avec les nouveaux comportements consommateurs et la digitalisation de cette industrie. Voici donc 2 schémas qui résument (aux États-Unis) l’évolution du nombre de consommateurs de la musique, et surtout la moyenne de leurs paniers d’achat moyens par année. Le constat qui peut être tiré après une première lecture est plutôt simple : La part de la population qui consomme de la musique a très fortement augmentée, mais rapporté à la consommation par personne, le budget annuel a presque baissé de moitié. Je ne sais pas si ce schéma tient compte de l’inflation, et dans le cas contraire, les chiffres seraient encore plus frappant.

Comme nous le savons, les raisons sont multiples, et pour en savoir un peu plus je vous invite à lire mon article sur la déchéance du CD, phénomène qui joue pour beaucoup dans l’orientation que prend le secteur. Ainsi la dématérialisation se matérialise (si c’est pas paradoxal ça) aussi par une croissance exponentielle de l’offre online gratuite de streaming comme Deezer, Pandora, Muxtape, LastFM. De facto, le concept de l’album avait déjà un pied à terre, cela fini donc de l’achever. Et pour cause ces modèles là mettent en avant la valeur du titre à l’unité, la consommation de masse de la musique, et le tout gratuitement. Alors que le CD avait enfermé la musique pour pouvoir la vendre en tant que produit, le mp3 libère ce média pour en faire un service dont on paye l’accès. J’aborderais ce sujet plus en détail lors des prochains articles, mais je vais me concentrer sur le marché actuel de l’industrie musicale notamment grâce à une équation étonnante.
J’avais été frappé par le pragmatisme de Scott Cohen lors du dernier MIDEM (déjà un an…) et ses recommandations. La démonstration est plutôt linéaire et je vais essayer de la résumer en quelques lignes. Tout d’abord Scott dresse un bref état des lieux : En un peu plus de 10 ans, l’industrie musicale à perdue la moitié de sa valeur, soit environ 20 milliards de dollars. En estimant que le marché potentiel soit le nombre de fichiers échangés illégalement en p2p, on arriverait à 12 milliards de $ par an. Avec des modèles d’abonnements le marché effectif ne sera jamais de 12 milliards. Quant aux revenus publicitaires? Les réseaux sociaux ne redistribuent au total que 200 millions de dollars à l’industrie musicale, très loin d’un équilibre pour le secteur.
C’est alors que Scott Cohen parle de la licence globale : Avec 1 milliard de PC connectés à internet, et 4 milliards de mobiles, une taxe de 1$ par mois par accès correspondrai à un CA de 50 milliards de $ par an. Voilà une équation résolue en quelque lignes, mais nous savons pertinemment que le problème est bien plus complexe, et que la question même de l’application de la licence globale pose énormément de problèmes.
Je continuerai la réflexion avec une présentation des théories relatives à cette problématique, et avec une réflexion moins chiffrée mais plus objective sur l’orientation que l’industrie musicale prendrait si un modèle comme celui-ci venait à être appliqué.
Voici une présentation que j’ai faite dans le cadre d’un oral. Elle a pour but de résumer succinctement et efficacement la crise que traverse l’industrie musicale, le tout en 10 minutes.
Les problématiques ne sont pas approfondies mais cette présentation permet à une personne externe aux industries en question d’avoir un aperçu du problème, et de comprendre le mécanisme simplifié d’une économie qui change de business model.
En tout cas même si ça prend un peu de temps d’uploader ses ppt sur SlideShare, le service est complet et très pratique.
Pour rappel je vous avais présenté le concept de You Rock You Win, ce tremplin rock organisé par HitMuse, Total Music et la Loco. J’ai eu l’occasion de m’y rendre et de prendre la température de la nouvelle scène rock de Paris, et pour tout vous dire je ne suis pas déçu. Pour plus d’information sur le concept, vous pouvez lire mon article sur YRYW paru il y a quelques semaines.
YRYW prends donc place dans la boite de nuit parisienne la Loco, ou 6 groupes/artistes s’affrontent au son de leurs guitares ! Particularité de la maison : c’est le public qui départage les compétiteurs grâce à l’applaudimètre ! Je vais continuer la description en surlignant de vert ce que j’aime, et de rouge ce que j’ai moins aimé.

Tout d’abord il est préférable de rappeler que même si la soirée se passe en boite de nuit, il n’en est rien. L’ambiance dénote plus du concert que de la soirée tecktonik, et c’est tant mieux. Quant à la moyenne d’âge de l’audience, elle tourne autour des 20 ans, et on sent une forte majorité rock. Pourtant on assiste à une toute autre éclecticité sur scène. En effet j’attendais beaucoup plus de garage rock et de punch rock pour chauffer une telle salle, peu propice à ce genre d’exercice (pensais-je). Mais ce sont des groupes d’horizons différents qui sont venus s’affronter, ainsi les univers folk et acoustique ont largement été représentés lors de cette édition.
Une fois la salle chauffée par le DJ de la soirée, le battle commence avec les chanteurs solos. Un peu ennuyant, mais sympa. Pendant que les groupes suivant s’installent, 2 guitaristes organisent un Blind Test acoustique, et à chaque titre trouvé, le gagnant repart avec une consommation offerte. J’ai trouvé ça super comme concept, car l’ambiance monte, et le temps mort de setup est ainsi comblé de la meilleure des façons. Mention spéciale aux 2 groupes qui ont suivis, qui méritaient autant d’être en finale, mais l’applaudimètre est intraitable. Pas moyen de négocier :p
Si vous vous sentez l’âme d’un chanteur, avant la finale HitMuse organise un Battle du public, ou 4 spectateurs viennent s’affronter et seront encore une fois départagés par l’applaudimètre. Le vainqueur repart tout de même avec la coquette somme de 200 € en cash !
Au final on passe un très bon moment entre amis, puisque les pauses entre les performances permettent d’échanger les avis et impressions. Pour résumer :
Pour assister à You rock You Win, rendez vous sur hitmuse.com et si vous êtes un groupe, envoyez un mail yourock@hitmuse.com pour participer aux phases de sélection.
Pour le deuxième épisode de la Revue de Presse internationale, voici les news que j’ai choisi pour illustrer cette semaine. Je vous conseille chaudement d’aller voir la vidéo de Scott Cohen, car c’est pour moi un des acteurs les plus lucide de l’industrie. Mise à part quelques procès contre les sites de p2p, l’actualité du secteur est calme, sans grosses annonces.
Voilà pour cette semaine, j’espère que les news proposées sont intéressantes, et comme d’habitude : Feel free to express yourself !
J’oubliais : Vous pouvez me soumettre les news traitées dans vos blogs respectifs et je les linkerais sur la revue de presse de la semaine prochaine dans une nouvelle rubrique.
Le format CD est clairement remis en cause depuis ces dernières années. Ce constat n’est effectivement pas difficile à tirer, mais j’aimerais me pencher plus particulièrement sur les causes de cette débâcle.
Les causes sont multiples, et résident bien évidemment dans l’avènement de la consommation numérique et dématérialisée de la musique. Mais c’est avant tout une culture qui disparait avec Internet, et comme le CD avait tourné la page vinyle, le mp3 impose ses lois et son mode de consommation. Ainsi le concept du CD en lui même est ébranlé et la production musicale l’est par la même occasion.

Je m’explique : dans les années 60 est apparu l’“album concept”, qui consistait à ne pas sortir qu’une série de morceaux mais à créer une vraie œuvre d’art musicale cohérente tout au long de l’album. On notera principalement The Beatles avec leur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) qui fut la référence de l’époque. Par la suite, le rock progressif sera le mouvement phare de ce type d’album avec notamment Yes, King Crimson, Genesis et Pink Floyd qui sortirons des concepts-albums intemporels que l’on écoute d’une traite et réécoute des centaines de fois en découvrant toujours quelque chose de nouveau.
Cependant, avec l’ère du CD ces concepts albums ont soufferts de la segmentation systématique en tracks du support. En effet le changement de piste sera désormais très rapide, et cela incitera à une consommation plus hédoniste de la musique. L’album ne sera pas écouté en entier comme au temps du vinyle mais sera morcelée, et l’auditeur sera conséquemment tenté de réécouter un titre et de passer le suivant.
Quant au mp3, il a complètement cassé le concept même de l’album au profit du simple titre ou d’un nombre restreint. Il est d’ailleurs démontré que la vente d’album dématérialisée est nettement inférieure aux ventes de titres à l’unité, le tout mis en rapport avec les ventes physiques de CD et de singles. Ainsi la consommation de la musique est accélérée, et même si l’offre musicale est en baisse depuis 2003 (voir le schéma) l’offre alternative qui est représentée par les indépendants autoproduits est elle en très nette hausse.

Parallèlement, le CD n’est plus écouté de la même façon. En effet, un CD sera désormais écouté une fois et si la première écoute ne satisfait pas entièrement l’auditeur, il changera. Pourtant on sait pertinemment qu’un album peut se révéler à la 4ème ou 5ème écoute. La musique bascule donc vers un plaisir immédiat de la musique et un plaisir simple. De plus, avec la surconsommation de playlist, la musique ne s’écoute désormais plus par album mais par genre. En découle l’offre segmentée de SFR, qui permet le téléchargement illimité d’un catalogue (Jazz, Rock, Classique), et qui finit de détruire les fondements du CD.
Le remplacement du CD a été avec par exemple le projet SlotMusic de SanDisk. Mais ce n’est pour moi que retarder l’échéance de la déchéance du support physique de la musique. (ça rime tout ça :p) C’est bien évidemment une tentative d’implantation sur un marché en crise, mais ce n’est pas la meilleure solution que de vouloir aller contre les tendances des comportements consommateurs.
Je continuerai mon analyse dans de prochains articles en me focalisant sur des problématiques inhérente à la disparition du CD.
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